Le Vice-président de l’U-3ARC a été chargé des conclusions générales de l’ensemble de l'atelier technique du 10e anniversaire de l'Amendement de Kigali, à Kigali (Rwanda). Après avoir animé la Session 2, consacrée à l’accompagnement des PME pendant les transitions technologiques, il a dressé le bilan de dix années de mise en œuvre de l’Amendement : une transition qui avance, une efficacité énergétique à intégrer, et des petites et moyennes entreprises qu’il faut équiper et former pour que le changement se fasse réellement sur le terrain.
Kigali, Rwanda, 1er novembre 2026.
Il est rare qu’un représentant d’une organisation professionnelle africaine soit chargé de conclure un atelier où siègent les Parties, les agences d’exécution et les institutions financières. C’est pourtant à Said El Harch, Vice-président de l’Union des Associations Africaines des Acteurs de la Réfrigération et de la Climatisation (U-3ARC), qu’est revenu l’exercice, à l’issue d’une journée organisée pour le dixième anniversaire de l’Amendement de Kigali. Le Président de l’Union, Madi Sakandé, était pour sa part panéliste de la Session 3, consacrée à l’efficacité énergétique.
Son discours s’ouvre sur une question franche : « Il y a dix ans, dans cette même ville, le monde a fait une promesse. Aujourd’hui, nous avons passé une journée à nous demander honnêtement : comment la tenons-nous ? »
M. El Harch ne parlait pas en simple observateur. Il avait animé la Session 2, intitulée « Supporting SMEs during technology transitions » (« Accompagner les PME pendant les transitions technologiques »). Elle se tenait en parallèle de la Session 3, sur l’efficacité énergétique, où le Président de l’Union, Madi Sakandé, intervenait comme panéliste.
Ce thème a occupé une place centrale dans ses conclusions, en cohérence avec la réalité des associations membres de l’Union, qui rassemblent précisément des professionnels de terrain.
Le Vice-président a rappelé que les participants avaient parcouru, en six sessions, tout l’arc de la mise en œuvre. Ils ont examiné l’avancée de la réduction progressive des HFC, dans les pays relevant de l’article 5 comme dans les autres. Ils se sont penchés sur ce que demande en pratique la transition du froid, de la climatisation et des pompes à chaleur vers des alternatives à faible ou nul potentiel de réchauffement : choix technologiques, sécurité liée à l’inflammabilité et à la toxicité, normes et formation indispensables à un déploiement sûr.
Ce qui lui a donné « un réel espoir », a-t-il dit, ce sont les exemples concrets : des politiques passées du papier à la pratique, des usines qui ont changé de technologie, et des techniciens qui ont acquis de nouvelles compétences en dix ans.
Le message de la journée sur l’efficacité énergétique a été, selon lui, sans ambiguïté. Une réduction des HFC qui abaisse le potentiel de réchauffement des frigorigènes mais laisse des équipements peu efficaces renonce à une partie de son bénéfice climatique. Intégrer les mesures sur les HFC aux normes minimales de performance énergétique, et à des stratégies de refroidissement durable plus larges, est la voie pour capter la totalité du gain en matière d’ozone, de climat et de développement.
Le passage le plus développé de l’intervention porte sur la gestion des frigorigènes sur tout leur cycle de vie : pratiques de maintenance, récupération, recyclage, régénération, traçabilité et fin de vie. Tout cela repose, a-t-il souligné, sur les petites et moyennes entreprises : ateliers de maintenance, installateurs locaux, recycleurs, petits fabricants. Elles sont les plus proches des équipements et des clients et, dans de nombreux pays, c’est chez elles que la transition se réalise.
Bien intégrées, elles deviennent une source de compétences, d’emplois et d’entrepreneuriat local. Pour cela, quatre conditions : un accès à des financements abordables, une formation pratique et une certification, des outils et du matériel de récupération à leur portée, et une réglementation simple et claire. Ces points rejoignent le travail de l’U-3ARC, dont les associations rassemblent précisément ces professionnels.
Les différentes salles ont montré, selon M. El Harch, que la voie à suivre est commune. Les Parties, l’industrie, le monde académique, le Fonds multilatéral et les agences d’exécution ont chacun un rôle à jouer pour la décennie à venir et au-delà.
Il a remercié le gouvernement et le peuple rwandais, le Secrétariat de l’Ozone, les panélistes, co-facilitateurs et rapporteurs, ainsi que les partenaires de l’atelier : One UN, CIFF, Clean Climate Collaborative et la FAO.
Il a conclu en invitant les participants à emporter l’esprit de la journée à la MOP38, qui s’ouvre dans la foulée à Kigali, avec les études de cas et la conviction que la prochaine décennie peut faire encore mieux que la première. Pour l’U-3ARC, ce rôle de rapporteur du workshop confirme que la voix des professionnels du froid africain compte dans ce débat.