Le 24 septembre 2026, à Yaoundé, la 4e Journée Africaine du Froid a marqué un tournant historique. Sous le haut parrainage du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, M. Joseph Dion Ngute, et autour du thème « Le froid parle à l'humanité », les acteurs de la filière ont posé les bases d'une mutation institutionnelle inédite : la transformation de l'Association des Professionnels du Froid et de la Climatisation du Cameroun (APFCC) en Ordre National des Professionnels du Froid et de la Climatisation. Une première mondiale. Un modèle pour l'Afrique. Dans cet entretien exclusif accordé à U-3ARC, le Secrétaire Général de l'APFCC et Secrétaire Général Adjoint de U-3ARC, M. Alain Tchoua Ndjeudji, revient sur les enjeux, les perspectives et les défis de cette mutation historique. Il nous livre une analyse sans détour, nourrie par des années de terrain, et une conviction : le froid africain doit se structurer, se certifier, et peser.
1. L'APFCC passe du statut d'association à celui d'Ordre national. Concrètement, qu'est-ce qui change pour le technicien frigoriste de base à Douala ou à Garoua ? Est-ce qu'il aura plus de protection, plus de reconnaissance, plus de revenus — ou est-ce d'abord un changement de plaque sur la porte ?
Alain Tchoua Ndjeudji : Non, ce n'est pas un simple changement de plaque. Les choses changent profondément, et à plusieurs niveaux.
D'abord, il faut comprendre la différence de nature entre les deux structures. L'association repose sur une adhésion volontaire. L'Ordre, lui, est obligatoire. Cela change tout.
Concrètement, l'Ordre va classifier et catégoriser les métiers. On ne sera plus simplement « frigoriste » ou « climaticien » dans le flou. On distinguera le technicien de surface, le technicien supérieur, l'ingénieur, l'expert. Chacun saura où il se situe, et le client aussi.
Ensuite, l'Ordre apportera plus de rigueur et plus de dynamique à la profession. La formation devient obligatoire. Le recyclage et la mise à niveau aussi. Les règles de sécurité et les bonnes pratiques ne seront plus optionnelles : elles seront exigées.
Autre changement majeur : la régulation des marchés publics. Jusqu'ici, les marchés du froid étaient souvent attribués à des électromécaniciens, des spécialistes des énergies renouvelables ou des thermiciens, faute de cadre clair. Désormais, ces marchés iront aux professionnels du froid, parce que l'Ordre sera là pour en définir les conditions.
L'Ordre aura aussi un pouvoir de régulation que l'association n'avait pas. Il pourra intervenir sur la conservation dans les supermarchés, la conception des chambres froides, la chaîne du froid dans sa globalité. Il pourra radier un professionnel qui ne respecte pas les règles de sécurité ou les bonnes pratiques. L'association, elle, n'avait qu'un rôle de proposition. L'Ordre, lui, participe à l'élaboration des normes propres au secteur au Cameroun.
Enfin, l'Ordre sera doté d'un cadre juridique qui protège à la fois le professionnel et le client. Ce n'est plus seulement de la sensibilisation ou des rencontres gratuites. C'est un cadre dissuasif, rigoureux, qui engage.
Et cela vaut pour les dix régions du Cameroun. L'Ordre permettra à chaque professionnel, dans chaque région, de trouver des solutions endogènes adaptées à son économie locale.
Donc oui : le technicien frigoriste de base à Douala ou à Garoua aura plus de reconnaissance, plus de protection, et à terme plus de revenus, parce que son métier sera enfin encadré, catégorisé et respecté. Ce n'est pas une plaque sur une porte. C'est une dignité retrouvée.
2. Vous parlez d'éliminer l'exercice illégal de la profession. Aujourd'hui, au Cameroun, combien de techniciens exercent sans certification ? Et concrètement, comment un Ordre national compte-t-il contrôler, sanctionner, et accompagner ces milliers de travailleurs informels qui font tourner le marché ?
ATN : Le froid, dans sa globalité et surtout le froid domestique occupe une place immense au Cameroun. Mais il est exercé en grande partie par des techniciens qui ont appris sur le tas. Des techniciens de surface, sans formation certifiée, sans cadre, sans normes.
Avec l'Ordre, ces techniciens ne seront pas mis à l'écart. Ils ne seront pas rayés du jour au lendemain. Ils seront appelés à revenir renforcer leurs capacités. L'objectif, c'est que désormais, nous ayons des professionnels dont la compétence a été consolidée, dont la catégorisation a été clairement définie, et dont le niveau d'expertise et d'exercice du métier est précisément établi.
Mais il n'y a pas que les techniciens locaux. Il y a aussi des étrangers qui vendent des équipements illégaux sur le marché camerounais. Des équipes qui installent des appareils non conformes, qui ne respectent ni les conventions internationales, ni les accords que le Cameroun a signés que ce soit avec l’accord de Kigali ou dans le cadre du Protocole de Montréal.
L'Ordre vient justement combler ce vide. Il permettra non seulement d'encadrer les techniciens, mais aussi de réguler les commerçants et les revendeurs, pour qu'ils se conforment aux normes et aux accords que le pays a signés. L'Ordre, c'est un instrument de régulation globale du marché.
3. Le Président de l'APFCC a rappelé que la gestion des fluides frigorigènes est un impératif écologique absolu. Or, le Cameroun a cessé d'importer du R22 depuis 2023, mais il reste encore des quantités importantes de ce fluide sur le marché, ainsi que des équipements de seconde main. Comment un Ordre national peut-il gérer cette réalité, quand le marché informel les réclame pour des raisons de coût ?
ATN : Il faut d'abord rectifier une chose : le Cameroun n'importe plus de R22. Le R22 que l'on trouve encore sur le marché est entré avant l'expiration des accords. Depuis 2023, le Cameroun a cessé d'importer ce fluide. C'est un point important.
Cela ne règle pas tout pour autant. Le R22 qui est déjà là, à l'intérieur du pays, va mourir seul à l'intérieur. Il faut le récupérer, le traiter, l'éliminer correctement. Sinon, il finira par s'échapper dans l'atmosphère.
Aujourd'hui, le Cameroun est en transition. Il passe au R410A et au R32, et il amorce progressivement le virage vers les fluides naturels : le R290 et le R600a. C'est l'évolution en cours.
Mais, comme le soulignait le Président national de l'APFCC, la gestion des fluides nous pose un vrai problème. Pourquoi ? Parce que tous les professionnels ne disposent pas des kits de récupération. Le Bureau Ozone, à travers le ministère de l'Environnement, a mis des kits à disposition de quelques professionnels du froid au Cameroun. Mais c'est insuffisant.
Notre plaidoyer, c'est que les dix régions du Cameroun soient dotées de ces kits. Que les départements aussi. Que les techniciens qui se trouvent en région, loin des grandes villes, puissent avoir le nécessaire pour récupérer les fluides au lieu de les laisser s'échapper. Parce qu'un fluide qui s'échappe, c'est un fluide qui attaque la couche d'ozone et qui réchauffe la planète.
C'est un défi dense. L'Ordre se veut à la hauteur. Il a le devoir et l'obligation d'agir pour que, dans les cinq à dix prochaines années, nous ayons un marché camerounais assaini et des professionnels bien formés, conscients de l'enjeu écologique et de l'enjeu sécuritaire liés à la manipulation des fluides.
Et ce n'est pas tout. Nous travaillons aussi avec le ministère des Finances pour voir comment réduire les coûts de douane sur les produits de réfrigération et de climatisation. L'objectif est simple : permettre aux ménages camerounais d'accéder à des équipements neufs, plutôt que de se tourner vers les brocantes et le marché noir, faute de moyens. Un équipement neuf, c'est un équipement plus sûr, plus efficace, et plus respectueux de l'environnement.
4. Vous avez formé plus de 1 600 jeunes techniciens aux technologies propres. Mais le marché camerounais est-il prêt à les absorber ? Existe-t-il des débouchés réels, des partenariats avec les entreprises, les mines, l'agroalimentaire, la santé ? Ou risque-t-on de former des jeunes pour le chômage ?
ATN : Nous avons déjà renforcé les capacités de plus de 1 500 jeunes à travers des formations, et nous avons modifié les curricula dans les universités du Cameroun, notamment l’Institut universitaire de technologies de Douala. Dans les cinq prochaines années, nous comptons former entre 3 000 et 5 000 jeunes professionnels, capables de répondre aux problématiques endogènes du marché camerounais.
Pour ceux qui sont déjà sortis, nous comptons renforcer leurs capacités sur la bonne exécution des tâches et des missions qui leur sont confiées. Et parmi eux, nous identifierons ceux qui sont habilités à faire de la recherche, pour leur permettre de trouver des solutions endogènes adaptées à chaque région.
Nous sommes entrés dans l'académie. Nous continuons à former. Nous définirons des thématiques propres à chaque région, pour que le froid réponde désormais aux problèmes réels du Cameroun, et non plus à cette logique qui consiste à obtenir un diplôme pour exister, sans savoir ce qu'on fera ensuite.
D'ailleurs, je tiens à rappeler une première historique : pour la première fois au Cameroun, il existe une licence en génie frigorifique, à l'Institut de Douala. Il existe aussi un cycle ingénieur Master 2. Les futurs ingénieurs qui sortiront seront complètement différents de ceux d'hier. Ils auront plus d'accent sur le froid, sur la réfrigération, et pourquoi pas sur les pompes à chaleur.
Alors, les débouchés ? Ils sont là. Il suffit que les professionnels s'y mettent. Prenons quelques exemples concrets : la conservation du poisson, la conservation des viandes, la conservation des produits agricoles, la conservation des vaccins. Même le transport est concerné : nous voyageons parfois dans des bus climatisés qui n'ont pas de renouvellement d'air correct. Or, la climatisation d'un bâtiment n'est pas forcément l'oxygénation du bâtiment. Il faudrait que les professionnels pensent aussi à renouveler l'air pour garantir le confort et la santé des usagers.
Nous sommes convaincus d'une chose : les jeunes ne seront pas au chômage. Ils auront de quoi travailler, pour eux-mêmes, et deviendront des entrepreneurs capables de créer plus d'emplois au Cameroun.
5. Le Cameroun s’apprête à devenir le premier pays au monde à se doter d’un Ordre national du froid. Est-ce un modèle exportable au reste de l’Afrique ? Et concrètement, quel rôle U-3ARC peut-il jouer pour accompagner d’autres pays comme le Burkina, le Mali, la RDC, le Sénégal vers cette même mutation institutionnelle ?
ATN : Le Cameroun a migré ses textes, de l'association vers l'Ordre. Et il s'est vu reconnaître comme le tout premier Ordre professionnel du froid au monde. C'est une immense satisfaction. C'est même une grande joie de constater qu'une vision portée depuis l'Afrique peut être exploitable et exportable à l'échelle internationale.
Oui, U-3ARC peut s'inspirer de ce modèle. Dès que le nouveau premier bureau de l'Ordre camerounais sera mis en place d'ici décembre, nos textes pourront être exportés par U-3ARC pour impulser la même dynamique dans tous les pays africains.
Et pourquoi s'arrêter là ? L'ambition, c'est que U-3ARC ne soit plus seulement une association, mais devienne un Ordre. Cela lui donnerait plus de poids, plus de capacité de sensibilisation, et une voix beaucoup plus forte au niveau panafricain. Cela permettrait aussi au froid, sur le plan mondial, d'être reconnu comme un véritable Ordre professionnel, avec plus de rigueur et plus d'autorité.
Il faut comprendre une chose : dans le modèle africain, les associations ont peu de poids. Elles sont à but non lucratif, à caractère non imposable, et n'ont souvent qu'un rôle de proposition. L'Ordre, lui, fonctionne différemment. Il peut être à but lucratif, générer ses propres revenus, et il est à caractère d'imposition. Il s'impose non seulement au gouvernement, mais d'abord à la profession elle-même, et à tous ceux qui exercent ou consomment les services du secteur.
C'est là toute la différence : l'Ordre a plus d'action, plus de détermination, plus de rigueur. Et c'est exactement ce dont notre profession a besoin.
Nous souhaitons donc que ce modèle soit exportable dans toute l'Afrique. Et pourquoi pas, dans le monde entier.
6. Un Ordre national a besoin de moyens : siège, personnel, registre national, inspections, formations continues. D'où viendront les financements ? Cotisations des membres ? Subventions de l'État ? Partenariats privés ? Et comment garantirez-vous l'indépendance de l'Ordre face aux pressions politiques ou commerciales ?
ATN : Nous tablons d'abord sur la contribution des membres. L'adhésion est indissociable du fonctionnement de l'Ordre. C'est la base.
Ensuite, pour les grands événements, nous pourrons compter sur des partenaires privés qui viendront sponsoriser. Mais c'est un point délicat, et nous le savons. Nous ne voulons pas que des intérêts privés viennent compromettre la mission de l'Ordre. C'est pourquoi nous préférons que les professionnels se limitent aux contributions réglementaires, et que les partenaires privés s'en tiennent à des soutiens ponctuels, encadrés.
Nous comptons aussi sur l'État. L'État camerounais nous a toujours ouvert les portes, et nous travaillons en collaboration avec lui. Nous espérons qu'il pourra nous doter de bâtiments dans les dix régions, pour que l'Ordre puisse siéger, disposer d'antennes régionales, et piloter ses actions depuis un siège national à Douala. Des subventions de l'État seront nécessaires, parce que le travail de régulation enquêtes, inspections, organisation demande des moyens financiers réels.
Enfin, nous comptons sur les bailleurs de fonds internationaux. Pas pour financer les professionnels eux-mêmes, mais pour soutenir des activités structurantes : les caravanes de formation, la cartographie du métier, le recensement exact des professionnels, l'annuaire téléphonique des professionnels dans les dix régions. Ce sont des outils indispensables, et ils ont besoin de financements.
Notre ligne est claire : les professionnels contribuent selon les règles, l'État et les bailleurs soutiennent les activités d'intérêt général. C'est ainsi que nous garantirons l'indépendance et la neutralité de l'Ordre.
7. Un Ordre professionnel travaille main dans la main avec l'État, mais garde son autonomie. Comment l'APFCC compte-t-elle articuler sa relation avec le ministère de l'Environnement, celui de l'Énergie, celui de la Santé, et celui des Mines ? Avez-vous déjà des protocoles d'accord signés, ou est-ce encore au stade des discussions ?
ATN : Nous travaillerons toujours main dans la main avec l'ensemble des ministères, parce que chaque ministère est une tutelle en fonction de l'exercice du métier.
Un professionnel du froid peut travailler dans la santé, dans l'environnement, dans l'éducation, dans l'enseignement supérieur, dans le transport, dans les mines. Chaque ministère a donc une partie à jouer. C'est pourquoi l'Ordre national des professionnels du froid et de la climatisation doit être rattaché soit à la Présidence, soit à la Primature. Parce qu'il est transversal.
Des protocoles d'accord seront élaborés avec chaque ministère. L'objectif n'est pas seulement de les informer, mais de définir clairement les interactions et les domaines d'intervention de chacun dans le fonctionnement global de l'Ordre au Cameroun. Ce travail est en cours.
8. Le froid est un secteur historiquement masculin. Sur les 1 600 jeunes que vous avez formés, combien sont des femmes ? Et quelles mesures concrètes l'Ordre compte-t-il prendre pour féminiser la profession et attirer les jeunes filles vers les métiers techniques du froid ?
ATN : La profession technique en général, et le froid en particulier, est historiquement masculine. Mais au Cameroun, nous avons plusieurs femmes qui exercent dans le froid. Nous avons d'ailleurs un Secrétaire national en charge de la mobilisation féminine qui travaille activement sur cette question.
Aujourd'hui, nous avons pu mobiliser au moins 50 femmes au Cameroun. Et environ 5 femmes ont participé au concours Dr Charity lancé par U-3ARC. L'année prochaine, nous comptons avoir au moins 20 femmes qui y participent.
Il faut comprendre que la femme est souvent confrontée à son éducation, au regard de la société, au regard de la famille. Elle finit parfois par perdre le sens de sa propre compétence. Nous sommes donc dans une zone de sensibilisation et de conseil, pour que la femme comprenne qu'au-delà de son éducation et de son foyer, elle peut être partie prenante du développement du pays, à travers sa capacité intrinsèque.
On oublie parfois que les femmes sont mieux organisées que les hommes. Nous travaillons sur un mentoring des femmes, pour qu'elles soient désormais vues, reconnues, et qu'elles aiment davantage ce métier.
9. Vous voulez interdire l'importation d'équipements de seconde main obsolètes. Mais ces équipements sont souvent moins chers, donc attractifs pour les ménages et les petites entreprises. Comment conciliez-vous l'exigence environnementale avec la réalité économique du pouvoir d'achat camerounais ? Prévoyez-vous des subventions, des facilités de paiement, ou des alternatives locales ?
ATN : Oui, les équipements de seconde main entrent aux frontières africaines. Ce sont parfois des brocantes, de la casse, des équipements obsolètes venus de l'Union européenne ou des États-Unis. Nous voulons les interdire. Mais cette interdiction ne passera pas avant que nous ayons obtenu l'accord du ministère des Finances et des douanes sur la réduction des taxes sur les produits frigorifiques.
Dès que nous aurons cet accord, nous pourrons interdire. Parce que nous saurons alors que l'équipement neuf et la technologie adaptée pourront entrer au Cameroun sans coût de douane excessif. À ce moment-là, le prix sera à portée de tous, et l'interdiction sera juste.
Déjà, aujourd'hui, les équipements au R22 sont interdits d'entrée au Cameroun. Ce qui entre, ce sont des équipements au R600a, un gaz naturel, ou au R410A, qui est un gaz de transition. Mais nous travaillons avec le ministère des Finances et le gouvernement camerounais pour que cela change, et que l'environnement soit protégé.
Le Cameroun attache du prix à la préservation de l'environnement. Le ministère de l'Environnement organise régulièrement des formations pour les professionnels du froid et de la climatisation, pour qu'ils comprennent et mettent l'environnement au cœur de leurs stratégies. L'Ordre viendra renforcer cette dynamique, en pesant de tout son poids pour que le métier du froid soit non seulement valorisant, mais aussi conforme aux accords de Kigali et au Protocole de Montréal, qui sont les deux textes sur lesquels le ministère de l'Environnement s'appuie pour agir.
10. Dans dix ans, à quoi ressemblera le froid camerounais si l'Ordre réussit sa mission ? Quels seront les indicateurs concrets de succès : nombre de techniciens certifiés, réduction des fuites de fluides, diminution de la consommation énergétique, baisse de la mortalité liée aux vaccins mal conservés ? Et quel message voulez-vous adresser à la jeunesse africaine qui hésite encore à embrasser ce métier ?
ATN : Dans dix ans, nous pensons que l'Ordre aura rallié les dix régions du Cameroun. Nous pensons aussi qu'il existera une plateforme africaine Afrique centrale, Afrique de l'Ouest, Afrique de l'Est, Afrique du Nord sur laquelle les Africains travailleront d'abord en région, puis en panafricain, pour permettre au continent d'avancer.
Nous sommes convaincus que le nombre de techniciens certifiés augmentera. La réduction des fluides frigorigènes non naturels sera progressive, jusqu'à leur élimination. La diminution de la consommation énergétique sera plus accentuée, parce que nous avons échangé avec le ministère de l'Eau et de l'Énergie sur la possibilité d'introduire et de valider des normes minimales qui permettront aux Camerounais de consommer moins d'énergie, surtout dans le froid.
Nous incitons également les Camerounais à s'intéresser à la technologie, parce que ce secteur consomme beaucoup d'énergie s'il est mal pensé.
Dans le système sanitaire, le froid pour tous permettra, avec la méthodologie que nous mettons en place et l'éducation que nous menons à l'intérieur du pays, aux Camerounais de s'intéresser désormais à la chaîne du froid selon leur domaine. Pour que, dans les dix prochaines années, nous soyons capables de conserver la viande, de la transporter de manière efficiente, et de garantir la chaîne du froid dans son ensemble.
Le message à la jeunesse africaine ? Ce métier est un métier d'avenir. Il ne s'agit pas seulement de réparer des frigos. Il s'agit de construire la souveraineté alimentaire, sanitaire et numérique de notre continent. Ceux qui hésitent encore doivent comprendre qu'ils ont une place à prendre, et qu'ils seront les artisans de cette révolution.
Propos recueillis par Lassané Ouédraogo. Pour U-3ARC